Dans une forme extrême, les « bébés » sont aussi de plus en plus exploités comme instrument de la traite ou pour la faciliter

Ce phénomène de traite se manifeste essentiellement sous deux aspects :

En premier lieu, la pratique des mères porteuses  permet à des intermédiaires peu scrupuleux de racheter à des femmes en situation difficile leurs bébés pour les vendre dès leur naissance à des couples en mal d’enfant. Ces bébés sont objets d’un système marchand. Ces dernières années, les tribunaux retiennent la qualification « de traite des êtres humains » contre des parents vendeurs, des intermédiaires, mais aussi dans certains cas des parents acheteurs (cf Le Tribunal correctionnel a jugé dans ce sens un trafic de nourrissons mis au jour en juillet 2013…). Depuis, les hôpitaux sont généralement plus vigilants pour donner l’alerte en cas de doute à l’accouchement… Les associations se constituent de plus en plus « partie civile » aux procès, en notant que la réforme d’août 2013 a réintroduit le crime d’esclavage.

En second lieu, les forces de sécurité identifient aussi des pratiques migratoires  qui consistent pour des étrangers, parents biologiques ou hommes et femmes qui n’ont aucun lien de parenté, à arriver sur le territoire européen avec des enfants à naitre ou en bas âge. On les appelle les « bébés ancres », l’objectif de ces migrants étant de profiter de cette double vulnérabilité pour rester dans le pays d’accueil, qui éprouve du coup plus de difficulté morale ou juridique à les reconduire à la frontière, et de pouvoir acquérir eux- mêmes la nationalité française via leurs enfants devenus auparavant français en vertu du droit du sol. Le défi de la société civile est donc bien d’instaurer une protection globale pour ces enfants perdus, qui peuvent être réutilisés pour d’autres passages de frontières (n’ayant certains plus d’identité propre), mais aussi pour leurs mères biologiques irrégulièrement arrivées sur le territoire afin d’éviter l’emprise de nouveaux réseaux d’exploitation plus dangereux. Toutefois, le remède est d’autant plus difficile à instituer que la loi qui protège ces bébés est celle-là même qui les rend exploitables et donc exploités.

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