Salima SY est venue en France à 17 ans pour suivre des études à Paris mais au lieu de cela l’amie de sa mère qui l’hébergeait l’a obligée à travailler chez elle à côté de Saint Germain en Laye sept jours sur sept, presque quinze heures par jour, sans vacances ni salaire, dans des conditions inacceptables qui bafouent le code du travail et la législation française.

Pendant quatre ans et huit mois, elle a dormi sur un vieux canapé-lit dans la chambre des enfants avec deux tiroirs pour ranger ses affaires.

Elle a vécu dans l’isolement, la peur, le désespoir, sans contact direct avec sa famille, sans argent, sans papiers car ceux-ci lui avaient été confisqués par sa logeuse dès son arrivée en France et aucune démarche n’a été effectuée pour proroger son autorisation de séjour initiale.

Grâce à l’intervention d’une assistante sociale et d’un couple de journalistes elle a pu s’échapper et porter plainte devant le Tribunal de Saint Germain en Laye mais sans résultat, sa logeuse ayant regagné Dakar et quitté le territoire français.

Pour tourner la page et en pensant à toutes les autres filles qui ont connu la même situation qu’elle ,Salima a eu le courage d’écrire son histoire et de la publier.

« Je voulais envoyer un message fort aux citoyens qui ignorent tout de l’esclavage domestique. Je veux qu’ils sachent que des filles comme moi sont maltraitées ou séquestrées… Pour moi c’est une belle revanche. J’ai fait mon deuil comme ça. »

Salima SY est devenue membre de l’association, elle nous a prêté son visage photographié dans les studios de France-Télévision et elle est une ardente militante de la cause que soutient SOS-ESCLAVES ; c’est elle qui figure sur nos affiches et tous les documents de l’association.

« Personne ne voulait me croire » Collection Témoignages J’ai lu n°8909

Hubert GASNOS

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