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Les Français ont du mal à y croire. Et pourtant ! A l’intérieur de leurs frontières, des gens en tiennent d’autres en esclavage en profitant de leur misère, de leur fragilité. L’esclavage sexuel, domestique : des associations existent, des avocats se battent pour épauler les victimes et battre en brèche l’impunité des gens parfois très protégés.

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Originaire du Bénin, la jeune femme est en France depuis 7 ans. Une histoire qui commence plutôt bien : « Titulaire d’un diplôme de couture, j’ai travaillé pendant 4 ans à Cotonou pour une famille d’expatriés afin de gagner de quoi ouvrir un atelier. Quand ils sont partis, je me suis retrouvée sans emploi. Un jour, une dame dit à ma grand-mère que sa fille béninoise résidant en France cherche quelqu’un pour le salon de confection de son mari. » L’occasion est trop belle ! Gaëlle fait sa valise, l’employeur paie l’avion et le visa, et voilà la jeune femme en route. A l’arrivée, point de couture, mais « la lessive, les repas, le ménage, les enfants… Je devais m’occuper de tout dans la maison sans percevoir le moindre salaire ».

Sans pouvoir contacter sa famille ni faire machine arrière : « Ma patronne m’avait confisqué mon passeport et mon billet de retour. Elle disait qu’elle avait ouvert un compte pour moi au Bénin, mais ce n’était pas vrai. N’ayant pas de chambre, je m’étais aménagée un petit coin dans une salle de bain non utilisée. J’ai appris ensuite que j’étais la 27ème personne qu’elle utilisait ». C’était pourtant une famille aisée. Ces gens là ne respectent rien ; ils pensent que l’argent achète tout, arrange tout « Le mari ? il savait, mais ne s’en mêlait pas. Les voisins ? On habitait un village très isolé dont les habitants n’étaient pas habitués aux personnes de couleur. L’approche était difficile » Malgré tout, Gaëlle parvient à exposer sa situation à la responsable locale des Témoins de Jéhovah dont la mégère fait partie : « Cette dame insistait pour que je prenne un poste à la Mairie ; j’ai dû finir par lui avouer que je n’étais pas la sœur de la patronne, comme celle-ci le prétendait, mais son esclave, privée de tout papier et de toute liberté ! La congrégation l’a sommée de me laisser partir. » Fin de l’histoire ? Pas vraiment ! « Elle m’a vendue à une coiffeuse de ses connaissances pour 1200 € ». Et voilà Gaëlle en région parisienne, toujours sans passeport mais avec 50 euros par mois . C’est reparti pour une tournée de lessive, ménage, cuisine …jusqu’au jour où elle décide de fuir malgré la peur. « Tous les jours, on te serine que si tu pars, tu vas aller en prison ». Elle trouve asile chez une ancienne employée de la coiffeuse. « je lui avais raconté mon histoire ; elle m’a trouvé un hébergement, des associations à contacter ». Pour Gaëlle, la roue peut enfin tourner! Retrouver son autonomie, bâtir son avenir : cours de langue, carte de transport, téléphone mobile, permis de séjour et de travail : les sésames de son nouveau départ! « Aujourd’hui je m’occupe de personnes âgées . La couture me manque, mais j’adore mon boulot ! Mon objectif est d’obtenir mon diplôme d’état d’aide soignante et de briser l’impunité des esclavagistes : au pays, je n’avais jamais entendu parler de ce genre de pratique. Personne n’en parle. Ici, j’ai rencontré des personnes formidables qui se sont mobilisées, m’ont soutenue et m’ont redonné confiance. L’avocate de l’Association SOS ESCLAVES : Maître Fougeroux a obtenu du tribunal une lourde condamnation de mes bourreaux : 8 mois de prison avec sursis, 18000 euros de dommages et intérêts – Bien que cet argent soit très difficil à obtenir, des sommes importantes m’ont déjà été versées. Je suis décidée à aller jusqu’au bout. Il faut que ces gens flanchent, qu’ils aient peur, qu’ils arrêtent de penser qu’ils sont intouchables. Et que sur place, les filles sachent que « l’Europe n’est pas forcément l’Eldorado! ».

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